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15. Prolongation du délai Interprétation

La portée de l'article 15

L’article 15 LITAT est le corollaire de l’ancien article 429.19 de la LATMP

L’article 15 de la LITAT adopté le 1er janvier 2016 est le corollaire de l’ancien article 429.19 de la LATMP, maintenant abrogé. Cet article permet au TAT de prolonger un délai ou de relever une personne de son défaut de l’avoir respecté. Il confère au TAT les mêmes pouvoirs que ceux auparavant octroyés à la CLP. Ces pouvoirs s’appliquent à toutes les divisions du TAT.

Une interprétation large et libérale

L’article 15 de la LITAT doit être interprété de façon large et libérale afin de favoriser l’exercice des droits dans le contexte d’une législation à caractère social.

Suivi :

Révision rejetée, 2016 QCTAT 5793. 

La notion de motif raisonnable

Définition

Un motif raisonnable est un motif non farfelu, crédible et qui fait preuve de bon sens, de mesure, de réflexion et de bon jugement. Cette expression confère une grande discrétion au décideur, qui doit examiner les circonstances propres au cas qui lui est soumis. Selon la jurisprudence majoritaire, l’examen des motifs permettant de relever une partie de son défaut doit se faire de façon large et libérale. La jurisprudence ne distingue pas l’interprétation de ce que constitue un motif raisonnable, quel que soit l’article visé (art. 352, 358.2 LATMP et art. 15 LITAT).

L'impossibilité d'agir

La démonstration d’un motif raisonnable n’exige pas la preuve d’une impossibilité d’agir.

En effet, l’impossibilité d’agir réfère à des contraintes extérieures empêchant une personne d’agir, ce qui évoque un critère plus exigeant que la démonstration d’un motif raisonnable

Diligence de la partie

Il appartient d’abord et avant tout à la partie de veiller à la sauvegarde de ses intérêts, de demeurer alerte et de réagir selon le critère de l’homme normalement prudent et diligent, eu égard aux circonstances. Lorsqu’une personne fait preuve de négligence, de désintéressement ou d’insouciance dans le traitement de son dossier, on ne peut conclure à l’existence d’un motif raisonnable.

La notion de préjudice grave

Avant de prolonger un délai ou relever une personne des conséquences de son défaut de l’avoir respecté, le Tribunal doit d’abord s’assurer que les autres parties n’en subissent aucun préjudice grave.

Peu de décisions du Tribunal réfèrent à cette notion. Selon la jurisprudence, il s’agit d’une situation où, en raison de l’écoulement du temps (ou, en d’autres mots, en raison du non-respect du délai), une partie ne peut plus constituer sa preuve ou se défendre.

Le critère de préjudice grave est examiné par le Tribunal une fois que la partie en défaut a démontré un motif raisonnable. Dès lors, cet exercice est inutile lorsque le Tribunal juge qu’il y a absence d’un tel motif.